FLÜSTERN
MURMURE


Soudain, on a commencé à me parler
Les mots n'étaient ni forts ni distincts
La voix célébrait, doucement et amicalement,
Un murmure sympathique.
De manière ni importune ni malicieuse
Mais certaine,
Le murmure m'aimait bien et m'aidait à réfléchir
Au début, seulement lorsque j'avais besoin d'aide
Et par la suite à chaque fois que j'étais seul.
Ainsi, j'entendais ce murmure de plus en plus souvent.

Et vint le jour où je cessai de penser
Le murmure avait entreprit cette tâche
Et je suivais ses pensées, aveugle et imperturbable,
Et je n'étais plus jamais seul
Même lorsque les hommes disparaissaient de mon environnement.
Ils ne l'aimaient pas, bien qu'ils ne le connaissaient pas.
Même ma mère ne se réveilla plus un beau jour,
Elle m'avait quitté.
Le murmure en avait décidé ainsi.
A mesure que le nombre de personnes qui disparaissaient autour de moi augmentait,
Le temps de notre dualité allait grandissant
Nous avions plus de temps pour discuter
Il m'écoutait, et inversement
Et je faisais tout ce qu'il me murmurait.

© Oswald Henke

Traduction : Cécile Delhautal

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