KOMA
COMA


Je sens le contact
Je perçois des mots
Je vois la situation changer
Mes pensées sont tout à fait claires
Le voile noir s'est levé depuis longtemps
Nuit et jour, la lumière du néon fait mal
Le changement est imperceptible
La tentative de former un mot échoue lamentablement
Les lèvres ne peuvent pas obéir
Elles ne reçoivent aucun ordre

Coma, le seuil du néant
Enchaîné au présent
Il t'attend

Aucune fibre de mon corps ne donne de signal

Aucun mot ne sort de ma bouche
Aucun geste ne montre que je suis en vie
L'intention reste enfermée dans la tombe de mon corps,
Enterre la vie avec une âme mourante
Enterré vivant dans ma propre chair
La conscience est présente

Les machines fonctionnent bien
Elles entretiennent la vie, facilitent la respiration
Mais n'aident pas à mourir
La douleur reste présente, les souffrances aussi
Car personne ne connaît cette souffrance
Moi seul la connais
Mais je ne peux ni crier, ni pleurer
Seulement ressentir

Les tourments ou les brûlures
Les battements ou les coupures

Non je n'ai pas le droit de pleurer
J'ai seulement le droit de souffrir

Coma, le seuil du néant
Enchaîné au présent
Il t'attend.

© Oswald Henke

Traduction : Myriam Marc

RETOUR