KÖNIG SEIN FÜR EINE NACHT
ÊTRE ROI POUR UNE NUIT


Qui joue avec moi  ?
Je tiens le sceptre
Dans mes mains
Et suis autorisé à être le roi d'une nuit
Le sceptre n'est pas encore implanté
Moi, un roi sans couronne,
Suis investi du pouvoir, pour une dernière nuit,
De penser librement.
Le pouvoir de la merci n'est pas
Entre mes mains.

Retournez-vous !
Les enfants gracient les étoiles,
La lune,
Un petit insecte
Au lieu de l'écraser
Mais ils grandissent et oublient
Au fur et à mesure des centimètres
Comment le pouvoir de leur imagination
Se dissout,
Se perd dans la routine
De la discipline et de l'ordre.

Maintenant, je suis puissant
Moi, un roi sans couronne
Moi, le pouvoir d'une nuit
Qui m'accorde la merci ?
Aucune couronne dans les alentours
Dont le porteur pourrait m'octroyer
Les faveurs de la merci

Je voulais fuir le pouvoir
M'y soustraire
Mais je me suis en même temps
Précipité dans les bras ouverts d'un autre pouvoir
Le pouvoir de mes mots
De mes baisers de pouvoir

La lumière se laisse abuser
Les sentiments aveugler un court instant

Des prothèses pour bras blessés
Me ligoteront
Mes futurs frères et soeurs
Me déroberont ma volonté
Mon humanité se réduira à
Un implant de chair puissant.

L'humain deviendra machine
De l'huile à la place du sang.
Sur aucune montagne
Je ne suis pas un enfant
Mais un fils...

Je m'enfonce dans le temps
Entouré de peur et d'images
Qui se noient doucement dans l'inconnu,
Souvenirs noyés.

Être roi pour une nuit.

© Oswald Henke

Traduction : Cécile Delhautal

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