EIN LICHT ERLISCHT
UNE FLAMME S'ÉTEINT


Sa peau luit comme de la soie fine
Un corps tendre et mince - élégance parfaite
Ses traits sont pleins de grâce
Surtout quand elle pleure,
Surtout quand elle pleure, alors

Quand, sur ses joues charmantes,
Les perles translucides
Tuent la lumière dans l'oeuf
Comme le fait la rosée du matin.
Elle diffuse une fascination craintive
Dans l'attente de ce qui va venir,
De ce qui ce passe maintenant...

Surtout quand elle pleure...

Son cou - si blanc, charmant - si beau
Il faut que je le sente
Mes mains l'entourent doucement, tâtonnant leur cible

Surtout quand elle pleure...

Je sens le pouls
j'entends sa respiration
Je ressens sa respiration chaude sur ma peau
La flamme vacille - La cire fond
Coule - brûle
Plus vite qu'à la normale, trop vite pour brûler longtemps - Le temps est écourté !
Plus il s'approche de son objectif, plus il se presse
La flamme est agitée de sursauts - plus petite - plus faible
Energie consommée - Dans peu de temps elle s'éteindra
Pour toujours - impossible de la rallumer

Surtout quand elle pleure...

Les reflets dans ses larmes se font plus faibles
D'une seconde à l'autre, d'une seconde à l'autre
L'obscurité approche
La flamme s'évanouit - diminue
On ne la voit presque plus - seule la mèche jette une faible lueur
Elle a étouffé - Par ma main

Surtout quand elle pleure...

Les larmes se figent - refroidissent comme son corps,
Nu devant moi sur le sol - sans vie mais beau,
Mince et plein d'une élégance parfaite.

© Oswald Henke

Traduction : Myriam Marc

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